Les papillons de nuit sous les feux des projecteurs dordognots !

Au dernier soir d’été, alors que la plupart des gens avaient déjà enfilé leurs chaussons, une drôle de bande s’était donné rendez-vous dans le Bocage de Douzillac. Leur mission : partir à la rencontre de ceux qui vivent la nuit.

Des papillons. Beaucoup de papillons. De nuit évidemment !

Organisée par Nature en Périgord, en partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine, cette soirée était l’occasion de découvrir le fascinant monde des hétérocères… et de changer de regard sur ces noctambules.

Avant d’allumer le mode nocturne

Parce qu’avant d’aller chercher les papillons dans le noir, autant commencer par comprendre de quoi on parle, en salle.

Et surtout, lever le voile sur ce monde fascinant et sur quelques idées reçues.

Un papillon de nuit, ce n’est pas forcément un machin gris qui vient s’écraser contre votre ampoule à 23 h47.

Il peut être minuscule ou franchement imposant. Brun, orange, rose, vert, argenté, camouflage militaire ou carrément flashy.

 

Bref, derrière le très pratique terme « papillon de nuit », se cache une diversité absolument vertigineuse.

Le problème ? On ne les regarde quasiment jamais. Alors qu’ils sont parmi les plus grands pollinisateurs de nos espaces naturels.

Puis vint le moment de sortir les lampes…

Une fois les présentations faites, direction la propriété du Conservatoire : le Bocage du biâcle de Douzillac.

La nuit est tombée.

Les lampes se sont allumées.

Et soudain, la nature a changé de visage.

Autour des LepiLed, les premiers visiteurs sont arrivés.

Un papillon.

Puis deux.

Puis trois.

Soirée papillons de nuit

Puis… « Attendez, c’est quoi celui-là ? », la phrase préférée de toute soirée hétérocères.

On observe. On compare. On cherche dans les guides. On zoome sur les photos. On demande confirmation. On apprend à s’intéresser tout simplement.

Et quand on pense avoir enfin compris ce qu’on a devant les yeux… un autre arrive. Et recommence.

53 espèces plus tard…

Au fil de la soirée, le petit attroupement lumineux s’est transformé en véritable buffet à volonté pour naturalistes nocturnes.

Résultat : 53 espèces d’hétérocères observées !

Et pas uniquement les classiques.

La soirée a notamment permis de croiser Scotopteryx peribolata (Ortholite entourée), espèce vulnérable à l’extinction qui n’avait pas été revue en Dordogne depuis 1955.

Ortholite entourée (Scotopteryx peribolata) (N. Verger)

Et parce que les papillons n’étaient pas les seuls à avoir décidé de profiter de la soirée. L’observation des chauves-souris étaient de mise également, chassant les courageux insectes volants venus au drap… Un régal pour miss Khul !

La nature, version nocturne

Ce qui est assez génial avec les nocturnes, c’est qu’elles permettent de découvrir un paysage que l’on connaît pourtant très bien… mais dans une autre version.

Le même site.

Les mêmes arbres.

Les mêmes prairies.

Les mêmes haies.

On ne découvre pas forcément un nouvel endroit. On découvre celui qu’on croyait déjà connaître.

Pour en apprendre plus: 2 sites internet complets

oreina.org

lepinet.fr

Article: Alexis Bataille

Photo des papillons de nuit: Nathalie Verger (désolée pour la qualité mais ce n’est pas facile de nuit avec des papillons qui gesticules dans tous les sens!)

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