La pie bavarde (Pica pica) est un oiseau bien connu en Europe, appartenant à la famille des corvidés, comme les corbeaux et les geais. Facilement reconnaissable à son plumage noir et blanc ainsi qu’à sa longue queue aux reflets métalliques bleus et verts, elle est présente dans de nombreux paysages, des campagnes aux zones urbaines. C’est une espèce des plus familière en France. Souvent mal-aimée, parfois admirée, elle intrigue par son comportement vif, son intelligence remarquable et son caractère bien trempé.
Description
La pie bavarde mesure entre 40 et 50 centimètres de longueur, dont plus de la moitié correspond à sa queue, avec une envergure de 50 à60 cm. Son plumage noir brillant contraste avec son ventre et ses épaules blancs. Grâce à ses couleurs élégantes et à son vol caractéristique alternant battements d’ailes et glissades, elle est facilement identifiable. Son bec est noir et puissant, sa silhouette élancée et élégante. Sa longévité est en moyenne de 3 à 5 ans voire jusqu’à 10 ans pour certains individus.
Habitat et mode de vie
L’espèce occupe une vaste aire allant de l’Europe occidentale à l’Asie orientale. La pie bavarde vit dans une grande variété de milieux : forêts claires, haies, parcs, jardins des villes et des campagnes, périurbain et zones agricoles. Sa présence en milieu urbain s’est accrue depuis le XXe siècle, favorisée par l’abondance des ressources alimentaires anthropiques et la diminution des prédateurs.
Elle construit un nid volumineux en branches, généralement placé en hauteur dans un arbre. Ce nid est souvent recouvert d’un toit de brindilles qui protège les œufs et les jeunes.
Omnivore et opportuniste, la pie se nourrit d’insectes, de vers, de fruits, de graines, mais aussi de petits animaux et parfois de déchets alimentaires trouvés près des habitations humaines. cette diversité alimentaire explique sa grande capacité d’adaptation.
la pie vit en groupe familial au long de l’année qui défend activement son territoire. Elle est sédentaire et des groupes de divers individus se réunissent l’hiver.
En grande régente de son territoire, la pie surveille tout: les chats, les chiens, les humains, les consœurs, les écureuils. Elle commente tout ce qu’il se passe.
Reproduction
La période de reproduction débute au printemps, de mars à juin. La femelle pond une fois par an généralement entre 5 et 8 œufs qu’elle couve pendant environ trois semaines. Les deux parents participent ensuite à l’alimentation des oisillons jusqu’à leur envol 22 à 27 jours après éclosion. les couples sont durables et très territoriaux durant la saison de reproduction. Les jeunes restent parfois plusieurs mois auprès des parents avant de se disperser.
Une intelligence remarquable
Comme de nombreux corvidés, la pie bavarde possède une intelligence exceptionnelle. Des études ont montré qu’elle est capable de reconnaître son reflet dans un miroir, une aptitude rare dans le règne animal. Elle sait également résoudre certains problèmes complexes, fabriquer et utiliser des outils, jouer, coopérer et même imiter certains sons humains, mémoriser des cachettes de nourriture et s’adapter rapidement à son environnement. Les observations montrent des comportements ressemblant à des funérailles lorsque l’une d’elle meurt.
Une grande bavarde
Comme son nom l’indique, la pie jacasse. Son cri typique est une série de notes sèches et rapides: tcha-cha-cha. Par ses différentes vocalises elle alerte d’un danger, communique avec son groupe, exprime une émotion et défend son territoire.
Une réputation parfois injuste
La pie bavarde a longtemps souffert d’une mauvaise réputation. On lui attribuait souvent le vol d’objets brillants ou la destruction systématique des nids d’autres oiseaux. Bien qu’elle puisse parfois prélever des œufs ou des oisillons, son impact sur les populations d’autres espèces est souvent exagéré. Les recherches récentes montrent qu’elle joue un rôle important dans l’équilibre des écosystèmes en régulant les insectes, nettoyant les charognes et dispersant les graines. Elle est classée nuisible dans beaucoup de département alors qu’elle ne fait que s’adapter aux modifications du paysage induite par l’activité humaine.
Observations personnelles
Mon village est composé de vieilles maisons et granges agrémentés de jardins ou l’on trouve les 3 strates arbustives, des potagers, des poulaillers, des pelouses et des bassins. Autour, des cultures semi intensives et des cultures en bio. Deux ou trois couples de pies nichent tous les ans dans le tilleul, le cèdre et le frêne des voisins. Les pies sont tous les jours chez nous. Et pour cause: le composteur est au fond du jardin, le bassin au milieu, mais surtout il y a toujours une gamelle de croquettes pour les chats errants du village avec de l’eau. Le Hérisson vient aussi la nuit se sustenter en ce moment difficile. Nourriture et eau à disposition. Mais il y a aussi un petit endroit destiné aux restes organiques type viande ou le Milan s’y nourrit voire la Martre des pins. En témoigne le piège photo.
Dès qu’un de ces animaux est dans le jardin, les pies arrivent aussitôt en vociférant. Une fois, un chat a voulu les narguer, remuant nerveusement sa queue. Lascivement, il est grimpé sur un panneau en bois, restant en équilibre. Et voilà une pie de chaque côté, le harcelant un maximum. L’une d’elle a été lui piquer le derrière! Quelle audace! Le chat à fini par décamper. Il en est de même avec le Milan noire, beaucoup plus gros, qui attrape la nourriture en vol au ras du sol. Il n’a pas une minute de tranquillité face au groupe qui le houspille. Je vois qu’elles surveillent depuis le noyer tout ceux qui s’aventurent dans le jardin, et de leur « sauter » dessus à la moindre occasion. Elles sont très téméraires.
Une à deux fois par an, j’observe dans les noyers du poulailler un grand rassemblement familial avec plus d’un quinzaine de pie. S’ensuit de grands dialogues entre elles avec des petits sauts frénétiques de branches en branches. Mais que peuvent-elles bien se dire?
En ce moment ce sont les jeunes qui explorent les lieux. L’une d’elles vient souvent frapper à la fenêtre de la salle à manger. Je pense qu’elle se voit par reflet et se demande si c’est une autre pie ou elle-même…ou si c’est la curiosité de ce matériaux.
J’aime les observer et les écouter, elles habitent avec nous et cela n’empêche pas d’avoir beaucoup d’oiseaux dans le jardin du moment que celui-ci est varié et que chacun puisse y trouver une cachette.
Conclusion
La pie bavarde est un oiseau à la fois beau, hautement adaptable et particulièrement intelligente. Malgré les préjugés qui l’entourent, elle constitue une espèce fascinante dont l’observation permet de mieux comprendre les capacités cognitives du monde animal et sa grande flexibilité écologique. Son succès dans les milieux anthropisés en fait un modèle d’étude privilégié pour comprendre l’adaptation comportementale des oiseaux aux environnements modifiés par l’homme.
Article: Nathalie Verger Photos: Didier Verger



