Un amphibien pas comme les autres : Le Sonneur à ventre jaune

Le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) ou simou en Occitan est un amphibien du centre de l’Europe d’affinité climatique continentale. Comme tous les amphibiens, l’espèce est protégée. A ce titre tout prélèvement d’individu (adulte, ponte, larve) et toute destruction de son habitat sont strictement interdits. Il est classée « en danger » sur la liste rouge régionale.

Cette espèce est bien présente dans l’Est et le centre de la France. Il est devenu assez rare en Dordogne mais encore  bien présent en Limousin. La Dordogne constitue sa limite Sud-ouest de répartition. Il se concentre surtout dans le Nord-Est du Département avec une trentaine de stations identifiées et d’autres plus ponctuelles ailleurs (centre de la dordogne).

source : DREAL grand Est

Le nom de « sonneur » est lié au fait qu’il n’a pas de sac vocal contrairement aux Grenouilles vertes notamment,  il émet alors un chant discret, et non un coassement. C’est une succession de « hou hou hou» émis par les cordes vocales de l’animal, qui résonnent dans sa bouche et qui « sonnent ».

https://ra-na.fr/atlas/espece/212

Quelques infos :

Description

Chant

Nourriture

Il est assez petit, environ 5 cm. Sa peau est verruqueuse. Sa face ventrale est jaune ponctuée de tâches noires. Sa pupille est en forme de cœur, ce qui est unique chez les amphibiens de France.  Il a des tympans non visibles et des pattes postérieures palmées jusqu’à l’extrémité des doigts! doux, discret, ressemblant à un houhouhou peu audible au-delà de 10 m.

https://www.youtube.com/watch?v=ktI0OD_nO4A

 

Insectes, larves, vers, mollusques

Où vit-il ?

Le Sonneur à ventre jaune est une espèce à tendance forestière qui utilise des points d’eau de petite taille et bien ensoleillés. Il affectionne en période de reproduction les milieux pionniers tels que les ornières en milieu boisé, les mares prairiales ou des sols piétinés par le bétail.  Il est actif de jour comme de nuit !!

Les ornières laissées par des engins de sentier sont favorables au Sonneur à ventre jaune. L’eau se réchauffe vite et permet aux têtards de rapidement faire leur métamorphise. Ainsi contrairement à ce que l’on peut penser, laisser des ornières sur des anciens chemins forestiers est profitable !!!

Source internet PNRPN
Les mares prairiales avec peu d’eau sont aussi favorables à cette espèce pour les mêmes raisons. ces mares temporaires bien souvent permet au Sonneur d’accomplir son cycle biologique contrairement à d’autres espèces d’amphibiens.

Sa particularité

Ce crapaud se reconnait facilement à son ventre constellé de tâches jaunes. Ce type de coloration est destinée à prévenir les éventuels prédateurs de la toxicité des individus. En effet, il possède des glandes cutanées qui secrètent un liquide visqueux toxique  d’autres espèces.

Chaque motif  ventral est unique à chaque individu !!.
C’est grâce à cela qu’il est possible de suivre les individus sur plusieurs années,
c’est la méthode dite de photo-identification. C’est un peu comme des empreintes digitales pour nous…

Sa biologie

Le sonneur est actif à partir de la fin avril jusqu’au début septembre en fonction de la météo. Il se reproduit entre le début mai et le début août dans eaux réchauffées et donc peu profondes, là où il aura une absence d’autres amphibiens. Par contre ces lieux de ponte sont susceptibles de s’assécher pendant le développement des œufs ou des têtards.

C’est pour cela que la femelle du sonneur peut fractionner ses pontes, d’environ 200 œufs, en petits groupes de 1 à 30 œufs qu’elle disperse dans différents points d’eau favorables.  Il est le seul à pondre si peu d’œufs dans nos amphibiens  métropolitains. En multipliant ses pontes, les œufs peuvent plus facilement survivent aux nombreux  aux prédateurs aquatiques comme  les larves de libellules, les larves de dytiques ou aux prédateurs terrestres tels les oiseaux, les serpents et autres carnivores. Le développement du têtard doit être assez rapide toujours pour la même raison, le risque assèchement de la zone de reproduction. Les œufs mettent entre 2 et 8 jours pour éclore puis les têtards se métamorphosent pendant une durée de temps qui varie entre 1 et 3 mois en fonction de la température de l’eau.

Un remède contre les prédateurs, la dissuasion  !

A la vue d’un prédateur, homme compris, il entre en catalepsie. Les muscles se contractent et le rend rigide, figé…Le sonneur se positionne en une posture de lordose lombaire, il se cambre et remonte ses pattes avant et postérieures pour exposer ses couleurs vives, leur signalant sa toxicité. Dans de telles circonstances, il sécrète une toxine qui le rend incomestible.

Sonneur en lordose
©-Guillaume-Moiron

Protéger par de la prévention et de la sensibilisation

Une mortalité directe peut survenir en période de reproduction. Les ornières sont souvent perturbées durant cette période par des travaux forestier (même si normalement cette saison n’est pas favorable à ce type de travaux) ou certains sports tel que le VTT , la motocross ou le quad. Les œufs, les têtards ou même les adultes peuvent alors être détruits par écrasement puis assèchement.

 

 

Texte : Sylvain WAGNER

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