Ce second article portera plus spécifiquement sur l’ours en Béarn, Aragon, Navarre et un peu les Hautes-Pyrénées.
Historique
En 1995, il ne restait plus que 6 ours (2 femelles et 4 mâles). En 2004, il ne reste plus que 2 mâles : Papillon le vieil ours du Béarn et Néré (ours de souche slovène) qui va l’évincer des deux vallées vers les Hautes-Pyrénées et où il va mourir le 25 juillet 2004. La femelle Cannelle, seule femelle de souche pyrénéenne, va être tuée lors d’une battue au sanglier le 01 novembre 2004 au dessus de Urdos, alors qu’elle est suitée de son ourson Cannelito dont son père est Néré. Dans le Béarn , il ne reste plus que Néré et Cannelito. Il est demandé la réintroduction de femelles. Ce n’est qu’à l’automne 2018 que ces 2 femelles d’origine slovène seront réintroduites en Béarn, Sorita et Claverina. Génétiquement les ours slovènes sont assez proche de la souche pyrénéenne et adaptés aux milieux montagnards.
Depuis leur réintroduction, Sorita reste sur les vallées d’Aspe et d’Ossau, Elle aura 3 oursons mâles en 2021 (Béroï, Bious et Larry), qui sont les enfants de Rodri ( mâle arrivé de l’Ariège) il a pris le statut de maître des deux vallées et a évincé Néré. En 2023, elle a eu 2 nouveaux oursons (Rey le mâle et Arrieu la femelle) du même mâle Rodri. Il semble qu’en 2025 elle aurait eu un nouvel ourson. Claverina a migré vers l’Aragon et la Navarre avec quelques incursions en France sur le secteur de Lescun et La Pierre Saint Martin. Elle a enfin donné naissance à un ourson en 2025.
Bilan
Le bilan est globalement positif malgré toujours quelques tensions. Il y a en Béarn et Espagne le maintien d’un corridor Franco-Espagnol vital pour la biodiversité qui était habité autrefois par un ours mâle. Claverina a occasionné quelques dégâts sur les troupeaux espagnols qui ne sont pas gardés. Le FIEP aide et soutien le gouvernement espagnol pour la protection des troupeaux à l’image de ce qui est fait en France.
https://english.fiep-ours.com/lecture.php?op=listeparcateg&macateg=6
La population en 2025 se situerait autour de 10-12 ours avec des allers retours de certains individus des Hautes-Pyrénées. En Béarn la présence est avérée sur les communes de Accous, Aydius, Cette-Eygun, Etsaut, Laruns, Lées-Athas et Urdos.
Technique de détection
Les différents indices de présence, par le suivi, repose sur des méthodes non invasives faites par les membres du groupe ours, l’OFB( Office Français de la Biodiversité), le FIEP Groupe Ours (Fond d’Intervention Eco-Pastorale Groupe Ours), le Parc National des Pyrénées par la collecte d’empreintes, de poils, de crottes et photos automatiques https://observatoire.pyrenees-parcnational.fr/fiche-espece-ours-des-pyrenees . Suite à ses indices et après analyses génétiques, ils connaissent la présence des différents individus. https://www.ferus.fr/ours
L’ours et les éleveurs ovins
Contrairement aux autres régions pyrénéennes, dans le Béarn l’ours a toujours subsisté, malgré des persécutions, car il y a toujours eu un élevage ovin laitier pour faire du fromage d’estive avec la présence du berger qui protégeait son troupeau. Le FIEP Groupe Ours a toujours su que pour protéger l’ours il fallait protéger le berger. Sa devise : « Pour que l’ours et le berger puissent vivre ensemble dans les Pyrénées ». Ce fond d’intervention a initié pas mal d’action pour améliorer la vie du berger en estive; il protège les habitats de l’ours en participant à l’expertise des projets forestiers. En 2025, il a contribué à préserver les vieilles forêts pyrénéennes.
Les dégâts sur le bétail par l’ours sont assez limités avec 8 ovins en 2019 après l’arrivée des femelles ; 6 en 2020 ; aucun en 2021 ; 2 en 2022 et 6 en 2023 malgré l’augmentation de la population ours pour environ 80 000 ovins en estive.
Quel avenir?
L’avenir de l’ours en Béarn reste encore sujet à un renforcement génétique donc l’introduction de nouveaux ours ; de la protection des corridors écologiques autant du côté Espagnol que dans les Hautes-Pyrénées et d’un dialogue permanent avec les éleveurs.
Article et photos: Claude CHARRON (naturaliste confirmé, observateur de l’ours en Pyrénées)
Photo d’accueil: Oursons bruns (Didier Verger)








